Deuil : décès de l’Agronome et Médecin vétérinaire Joseph Jolivert Toussaint

C’est avec une profonde tristesse qu’ALLO AGRO / PROMODEV annonce le décès de l’Ingénieur-Agronome et Médecin vétérinaire Joseph Jolivert Toussaint, survenu le 16 août 2026, à l’âge de 82 ans et près de 10 mois.

Né le 30 octobre 1943 à Camp-Perrin, le Dr Toussaint était diplômé de la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire (FAMV), promotion 1971. Animé par une remarquable volonté de perfectionnement professionnel, il poursuivit ensuite des études en médecine vétérinaire en France.

Du début de sa carrière comme Agronome junior jusqu’à sa retraite comme médecin vétérinaire, il consacra une grande partie de sa vie au service de l’agriculture, de la santé animale et de la population haïtienne. Il fonda notamment à Delmas une clinique vétérinaire ouverte au grand public, contribuant ainsi à la protection de la santé animale et, plus largement, à la santé publique.

Selon l’Annuaire des Agronomes diplômés de la FAMV, le Dr Joseph Jolivert Toussaint a exercé ses compétences dans plusieurs domaines, notamment la médecine vétérinaire, la formation, la gestion et la comptabilité. La diversité de son parcours témoigne d’un professionnel polyvalent, rigoureux et profondément attaché au service de la collectivité.

Par son savoir, son dévouement et sa longue carrière, le Dr Toussaint laisse le souvenir d’un homme de devoir ayant mis ses compétences au service de son pays. Son départ constitue une perte importante pour sa famille, ses anciens camarades, ses collègues ainsi que pour les milieux agronomique et vétérinaire haïtiens.

Ses funérailles ont été chantées dans la matinée du samedi 29 août 2026 en la paroisse Saint-Pierre de Pétion-Ville, où parents, amis, collègues et proches se sont réunis afin de lui rendre un dernier hommage.

En cette douloureuse circonstance, ALLO AGRO / PROMODEV présente ses condoléances émues à sa famille, à ses enfants, à ses camarades de promotion, à ses collègues, à ses amis ainsi qu’à toutes les personnes affectées par cette disparition.

Paix à son âme et que la terre lui soit légère !

Afin de prolonger cet hommage et de mieux faire connaître le parcours humain et professionnel du regretté Dr Joseph Jolivert Toussaint, ALLO AGRO / PROMODEV publie ci-dessous le texte intégral rédigé par le Dr Max Millien, son camarade de promotion, en témoignage de reconnaissance et de fidélité à sa mémoire.

Hommage à la mémoire de mon collègue et ami, le Dr. vétérinaire Joseph Jolivert Toussaint

Par le Dr. Max François MILLIEN

Jolivert est parti…« Max, Jolivert est parti ! »

C’est par cette phrase laconique que ma très chère amie Gilberte, belle-sœur de mon collègue et ami, le Dr vétérinaire Joseph Jolivert Toussaint, m’a appris, dans la matinée du dimanche 16 août, le décès de ce dernier survenu la veille, le jour de la fête de l’            Assomption.

Je suis resté pétrifié d’émotion et de douleur. Puis, les sanglots ont éclaté, sans que nous ayons vraiment pu nous parler pendant un certain temps. Il y avait, dans cette courte phrase, toute la brutalité d’une nouvelle que l’on ne voudrait pas entendre et que l’on refuserait, pendant quelques instants, de croire.

Ma peine était d’autant plus profonde que, dix jours auparavant, j’avais manqué son appel téléphonique. Je n’avais pas eu la chance de lui parler une dernière fois, malgré mes tentatives répétées pour le rejoindre par la suite. Aujourd’hui, cette occasion manquée prend, dans ma mémoire, une dimension particulière. On se dit toujours que l’on aura encore le temps de rappeler un ami, de reprendre une conversation interrompue, de se revoir, de parler de ce que l’on a vécu ensemble. Et puis, soudain, le temps s’arrête.

En quelques instants, je me suis mis à revivre tout notre parcours commun : notre première rencontre à la Faculté de Droit et des Sciences administratives de Port-au-Prince, nos années à la Faculté d’Agronomie et de Médecine vétérinaire, notre aventure à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, en France, nos retrouvailles au pays et les nombreuses années de collaboration professionnelle qui ont suivi.

Mais au-delà de la carrière et des responsabilités qu’il a assumées, c’est surtout l’homme, le collègue et l’ami que je voudrais évoquer aujourd’hui. Car Jolivert n’était pas seulement un vétérinaire compétent, un cadre de l’administration publique ou un enseignant. Il était un homme de caractère, de devoir, de travail et de fidélité. Il était aussi un homme profondément sensible, attaché à sa famille et à ceux qu’il considérait comme ses proches. C’est la dimension de cet homme-là que je voudrais saluer spécialement  aujourd’hui à travers ces lignes.

Une amitié née sur les bancs de la Faculté de Droit

Ma première rencontre avec Jolivert remonte à l’année académique 1965-1966, à la Faculté de Droit et des Sciences administratives de Port-au-Prince. À cette époque, la première année regroupait des étudiants de profils très différents. Des membres du personnel de l’administration publique côtoyaient de jeunes bacheliers fraîchement sortis de l’enseignement secondaire. Nous étions, Jolivert et moi,  tous les deux inscrits dans la section juridique de la Faculté. .

Dans une telle atmosphère, il était parfaitement possible d’appartenir à la même promotion sans nécessairement se connaître véritablement. Les étudiants étaient nombreux, les parcours différents et chacun avançait dans ses études avec ses propres préoccupations. Pourtant, les circonstances allaient nous rapprocher. À l’issue des examens du premier semestre, nos noms figuraient tous les deux parmi les dix premiers du classement. C’est en venant consulter les résultats affichés par le décanat que le dialogue s’est véritablement établi entre nous. Ce fut le début d’une amitié qui allait traverser plusieurs décennies.

Un étudiant brillant de la promotion 1967-1971 à la FAMV

Ceux qui avaient connu Jolivert dans son enfance et son adolescence n’ont jamais manqué de souligner ses qualités de bon élève. Dans son village de Camp-Perrin dans le département du Sud, il était connu comme un jeune homme sérieux, studieux et toujours bien présenté. Il était également l’aîné de la famille et semblait avoir très tôt compris qu’une telle position comportait des responsabilités particulières. Aussi, avait-il le souci de servir de modèle à ses frères et sœurs tant par son comportement social que par son engagement dans les études.

 Ses bons résultats au Lycée Philippe Guerrier des Cayes témoignaient déjà de ses aptitudes et de son goût du travail. Il réussissait donc avec brio aux examens de fin d’études secondaires (rhétorique et philosophe), lui ouvrant la voie à l’Université. À la fin de l’année académique 1967, la Faculté d’Agronomie et de Médecine vétérinaire organisa son concours d’admission, comme cela se faisait alors tous les quatre ans. C’est ainsi que fut constituée la promotion 1967-1971. Cette promotion allait réunir des étudiants de grande valeur. Parmi eux se distinguait particulièrement Jolivert Toussaint qui était fort discipliné, intelligent et méthodique. Dès les premiers examens, il se classait régulièrement parmi les premiers de la promotion et occupait parfois la première ou la deuxième place selon les semestres.

Il avait comme compagnon d’étude l’agronome-colonel feu Victor CINEAS, lui-même étudiant très travailleur et infatigable. Cette proximité constituait pour Jolivert une forme de stimulant qui l’encourageait toujours à se dépasser. Au terme des quatre années d’études, Jolivert occupait la troisième position au classement général de la promotion.

Ce classement à lui seul ne résume évidemment pas l’homme qu’il était, mais il témoigne d’une qualité qui allait caractériser toute sa vie professionnelle marquée par le goût de l’effort et le  souci du travail bien fait.

L’aventure à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse

En 1971, alors que nous étions en quatrième année à la FAMV, l’Ambassade de France fit parvenir à la Faculté deux offres de bourses d’études en médecine vétérinaire. Jolivert et son camarade feu Robert Joseph manifestèrent spontanément leur intérêt pour cette possibilité. Leur candidature fut retenue et, dès le mois d’octobre de la même année, les deux jeunes agronomes  se retrouvèrent à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, en France, pour entreprendre une nouvelle étape de leur formation.

Un an plus tard, en 1972, je bénéficiai moi-même d’une offre de bourse en médecine vétérinaire et je les rejoignis à Toulouse. Cette période demeure pour moi l’un des chapitres les plus importants de notre histoire commune. J’ai alors pu constater de près la manière dont Jolivert abordait ses études. Il avait notamment une grande facilité à prendre des notes. Cela peut sembler anodin, mais dans le système d’enseignement de l’époque, où une grande partie des cours théoriques était dispensée sous forme de leçons magistrales, savoir prendre des notes efficacement constituait un véritable atout.

Jolivert évoluait donc très bien dans cet environnement académique exigeant. Il ne se contentait pas de la formation dispensée à l’École. Comme plusieurs étudiants français, il cherchait à se rapprocher de vétérinaires français  exerçant en clientèle privée dans les zones rurales. Ceux-ci lui permettaient de participer à des stages pratiques, notamment dans les activités de prophylaxie des maladies du bétail, telles que le déparasitage et la vaccination.

Ces expériences, réalisées pendant les vacances ou durant les moments libres, lui permettaient de compléter sa formation théorique par une expérience pratique du terrain. En outre, il gagnait ainsi un peu d’argent en complément de sa bourse, mais surtout, il développait une connaissance concrète de la médecine vétérinaire rurale. Cette capacité à rechercher constamment des occasions d’apprendre et de se perfectionner allait rester l’une de ses caractéristiques durant toute sa vie professionnelle.

Ses études à Toulouse se déroulèrent sans difficulté majeure et il put achever son cursus dans les délais prévus. C’est pourquoi, en  1976, moins de cinq ans après son départ, il était de retour en Haïti pour intégrer le Service de Santé animale de la Direction d’Élevage, alors dirigé par le Dr Fred Calixte.

À cette époque, le pays ne comptait que trois médecins vétérinaires pour assurer l’ensemble des responsabilités liées à la santé animale nationale : le Dr Calixte, le Dr Robert Joseph et lui-même, Dr. Toussaint.

Une telle faiblesse du corps technique vétérinaire donne une idée de l’importance des responsabilités qui attendaient ces jeunes professionnels à leur retour au pays.

Un vétérinaire au service de son pays

Le retour de Jolivert en Haïti allait marquer le début d’une longue carrière au service de l’État et de l’élevage haïtien. Une fois sur place, en plus de sa fonction au Service de Santé animale, il fut sollicité pour apporter son assistance technique au Projet de Développement régional intégré de Petit-Goâve et de Petit-Trou-de-Nippes, le projet DRIPP.

Sa mission consistait notamment à contribuer à l’organisation et à la coordination des activités de production et de santé animales, ainsi qu’à la formation des agents techniques d’élevage et de santé animale dans les aires d’intervention du Projet. Pour remplir cette responsabilité, il effectuait régulièrement le déplacement vers Petit-Goâve, jusqu’à trois fois par semaine, afin d’assurer le suivi des activités de terrain et les responsabilités administratives liées au projet.

Cette période illustre déjà une autre dimension de sa personnalité professionnelle : Jolivert était un homme de terrain. Il savait que la santé animale ne pouvait pas se limiter aux bureaux de l’administration ou aux salles de cours. Elle devait être portée jusque dans les exploitations, au contact des éleveurs, des techniciens et des animaux.

Parallèlement à ses responsabilités administratives, il dispensait des cours à la FAMV, notamment le cours de zoologie en première année et celui de pathologie des équidés dans le cadre de l’option Production animale. Ainsi, dès cette époque, trois dimensions de sa carrière se dessinaient clairement : le praticien, le gestionnaire et le formateur. Ces trois dimensions allaient l’accompagner tout au long de sa carrière.

Un acteur majeur de la santé animale

Jolivert travailla pendant longtemps au Service de Santé animale dont il était devenu, par la suite,, au moment où la Direction de Production animale était créée sous la responsabilité du Dr Calixte.

C’est dans cette fonction qu’il eut à affronter l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire récente de la santé animale en Haïti. En 1980, le pays fut confronté à l’introduction de la peste porcine africaine à partir de la République dominicaine. Cette maladie allait provoquer une crise majeure pour l’élevage porcin haïtien.

En 1981, un projet fut mis en place pour faire face à cette épizootie dévastatrice. Jolivert fut nommé directeur du Service technique de ce projet. Il se retrouva ainsi au cœur d’une opération complexe qui exigeait à la fois des compétences techniques, une capacité d’organisation et un véritable sens de la coordination. Il devait notamment superviser les activités de surveillance épidémiologique, ainsi que les opérations de nettoyage et de désinfection des zones contaminées.

Mais au-delà des tâches techniques, cette responsabilité l’amena également à travailler avec des experts internationaux. C’est à cette occasion que j’ai pu constater chez lui une compétence particulière : la capacité de coordonner des professionnels venus d’horizons différents et de travailler avec eux avec autorité, mais sans perdre de vue les réalités du terrain haïtien. Il accomplissait ses tâches avec beaucoup de maîtrise et faisait déjà preuve de qualités de leadership qui allaient se confirmer au cours des années suivantes.

De 1988 à 1990, tout en étant le directeur du Service de Santé animale, il dirigea le Projet de Développement de l’Elevage Porcin financé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) en vue d’œuvrer au repeuplement du pays en races de porcs améliorées et rustiques.

En 1994, il devint le premier directeur de l’Unité de Protection sanitaire, l’UPS, qui regroupait alors les services de santé animale et de protection des végétaux. Cette responsabilité témoignait de la confiance placée en lui et de la reconnaissance de ses compétences dans le domaine de la protection sanitaire.

À cette époque, j’occupais pour ma part la fonction de directeur du Centre de Recherche et de Documentation agricoles, le CRDA. J’étais particulièrement attaché à ce poste, qui correspondait à mon intérêt pour la recherche agronomique. Deux ans plus tard, en 1996, une décision ministérielle allait modifier nos responsabilités respectives. Jolivert reçut la mission de relancer le fonctionnement de l’École Moyenne de Production et de Santé animale, qui était fermée depuis une douzaine d’années. Cette nouvelle mission allait permettre à Jolivert de montrer une fois encore ses capacités de bâtisseur. Pour ma part, je fus appelé à prendre la tête d’un comité chargé de coordonner les activités de l’UPS.

Un bâtisseur et un formateur

Relancer une institution fermée depuis plus d’une décennie ne constituait pas une tâche facile. Il fallait remettre les infrastructures en état, recruter les enseignants, organiser les conditions de vie des étudiants et créer les conditions permettant à une nouvelle génération de techniciens de recevoir une formation de qualité. Jolivert s’acquitta de cette mission à la satisfaction de tous.

Grâce notamment à un financement de la Banque interaméricaine de développement, il fit réaliser les travaux de réaménagement des locaux destinés à accueillir l’École. Il procéda également au recrutement des professeurs et veilla à l’organisation du logement et de l’alimentation des étudiants. Et l’Ecole avait ouvert ses portes à la date indiquée. Une nouvelle promotion en sortit et forma des techniciens dont la qualité et la compétence furent largement reconnues.

Cette réalisation mérite d’être rappelée parce qu’elle montre que Jolivert ne se limitait pas à exercer une fonction administrative. Il avait compris qu’un pays ne peut renforcer durablement ses services vétérinaires sans investir dans les ressources humaines.

Former des techniciens, transmettre des connaissances et créer les conditions permettant à d’autres professionnels de prendre la relève constituent peut-être l’une des contributions les plus durables qu’un professionnel puisse apporter à son pays.

Au cours de ses dernières années au MARNDR, avant de prendre sa retraite, le docteur Toussaint avait la responsabilité de gérer la Direction de la Quarantaine animale et végétale entouré de jeunes cadres en santé animale et en protection végétale assez compétents pour la protection sanitaire aux frontières des animaux, des plantes et des produits dérivés. 

Un professionnel infatigable                                                                            

Le Dr Jolivert Toussaint était un rude travailleur. Ses nombreuses responsabilités dans la fonction publique ne l’empêchaient pas de poursuivre parallèlement des activités professionnelles privées. Il faisait fonctionner sa propre clinique vétérinaire et se rendait également dans les fermes de particuliers à la demande de leurs propriétaires. Cette double activité illustre bien son rapport au travail. Il n’était pas de ceux qui considéraient leur journée terminée au moment de quitter leur bureau.

Le métier de vétérinaire était pour lui à la fois une profession, une responsabilité et une manière de servir. Il pouvait être administrateur, enseignant ou praticien, mais dans chacune de ces fonctions, il restait avant tout un vétérinaire attaché à son métier. Cette polyvalence professionnelle est l’une des raisons pour lesquelles son parcours mérite d’être rappelé aux générations plus jeunes.

Derrière la fermeté, un homme profondément sensible

Mais il serait injuste de réduire la vie de Jolivert à ses études, à ses responsabilités administratives ou à ses réalisations professionnelles. Car derrière l’homme apparemment ferme, discipliné et parfois réservé se cachait un cœur profondément tendre. Ceux qui ont eu la chance de pénétrer dans son cercle intime ont découvert un homme sensible, attentif aux autres et particulièrement attaché à sa famille.

Jolivert aimait profondément ses enfants et adorait son épouse ainsi que les membres de sa famille. Je garde notamment en mémoire un souvenir qui remonte à nos années passées en France. Il n’avait pas encore d’enfants lorsqu’un jour il reçut la photographie d’un bébé, l’un des enfants d’une de ses sœurs cadettes.

Il fut tellement ému par cette photographie qu’il se déplaça jusque dans ma chambre pour venir me la montrer. Je me souviens encore de l’émotion dans sa voix en me la tendant. Quelques jours plus tard, lorsque je suis allé lui rendre visite, j’ai remarqué que la photographie avait été placée tout près de son lit, juste au-dessus de sa tête. Ce petit geste en disait long sur l’homme qu’il était.

Derrière son apparente fermeté se cachait un homme capable de s’émouvoir profondément devant les petits bonheurs de la vie familiale. Il était sensible au moindre malheur qui touchait un proche. Mais il n’aimait pas exposer facilement ses émotions. Il fallait appartenir à son cercle d’intimes pour qu’il accepte de parler de ce qu’il ressentait réellement. Il était également très sensible aux gestes de reconnaissance. Il pouvait garder longtemps le souvenir d’un geste d’amitié, d’une attention ou d’une marque de gratitude.

Une année avant sa disparition, il m’a confié combien il était heureux du comportement de ses enfants à son endroit et combien il était reconnaissant envers son épouse, qui s’était dépensée sans compter pour lui offrir une vie agréable durant sa période de maladie. Ces paroles sont restées gravées dans ma mémoire. Elles témoignaient d’une chose essentielle : malgré sa réserve naturelle, Jolivert savait reconnaître l’amour qui lui était donné. Et il savait l’apprécier.

Un héritage qui dépasse une carrière

Aujourd’hui, alors que nous sommes réunis pour saluer sa mémoire, il serait facile de ne retenir de Jolivert que les postes qu’il a occupés et les responsabilités qu’il a assumées. Mais son véritable héritage est plus vaste. Il est présent à travers  les professionnels qu’il a formés, les collègues avec lesquels il a travaillé, les institutions qu’il a contribué à faire fonctionner,  les éleveurs qu’il a accompagnés et  les différentes générations de vétérinaires et de techniciens qui ont croisé sa route ou qu’il a contribué à former.

Bien entendu, Il est très  présent dans sa famille. Il vit dans le souvenir de son épouse Yvette, dans celui de ses enfants, le Dr Jean Itaney Toussaint, Christine Toussaint et Sarah Annie Toussaint, dans celui de ses frères et sœurs, de sa belle-mère madame Veuve Joseph Dégand Février, de ses beaux-frères et belles-sœurs (Michelle, Gilberte, Antoine…) de ses neveux et nièces et des familles alliées (Février, Turenne, Dégand,…  ). Et il vit également dans le souvenir de ses collègues et amis.

Pour ma part, je mesure aujourd’hui le privilège d’avoir partagé avec lui une aussi longue partie de mon existence. Nous nous sommes connus jeunes étudiants et nous avons vécu des expériences communes en Haïti et en France. Nous avons travaillé ensemble au sein du Ministère de l’Agriculture dans des entités différentes et parfois dans les mêmes espaces professionnels. Nous avons connu des réussites, des difficultés, des changements de responsabilités et des épreuves de la vie.

Notre amitié aura ainsi traversé plus d’un demi-siècle. C’est pourquoi sa disparition ne représente pas pour moi seulement la perte d’un ancien collègue. C’est la perte d’un compagnon de route et d’un ami dont la présence faisait partie de mon histoire personnelle et professionnelle.

Mesdames, Messieurs,

Voilà l’homme qui s’en est allé. Un homme qui laisse derrière lui une épouse, des enfants, des frères et sœurs, des beaux-frères et belles-sœurs, des neveux et nièces, des amis et des collègues plongés dans la désolation.

À son épouse, Madame Yvette Février Toussaint, je voudrais adresser, en mon nom personnel, l’expression de ma profonde sympathie et de ma sincère affection. Vous avez accompagné Jolivert dans les différentes étapes de sa vie. Vous avez partagé ses joies, ses difficultés et, surtout, les épreuves de sa maladie. Je voudrais vous dire aujourd’hui que votre dévouement n’a pas été oublié. Au contraire, il fait partie de la mémoire que nous garderons de Jolivert.

À ses enfants, le Dr Jean Itaney, Christine et Sarah, je présente mes condoléances les plus attristées. La perte d’un père laisse une absence que rien ne peut véritablement combler. Mais vous avez aussi le privilège de porter en vous son héritage, non seulement celui du professionnel qu’il fut, mais surtout celui de l’homme qu’il a été dans votre vie.

À ses frères et sœurs, à sa belle-mère, Veuve Joseph Dégand Février,  à ses beaux-frères (Antoine, Jean, George) et belles-sœurs, Michelle et Gilberte Février, à ses neveux et nièces, enfin, aux membres des familles alliées (Février, Turenne, Dégand, Cassagnol, Fortuné, …), j’adresse également mes pensées les plus fraternelles.

Je voudrais enfin associer à cet hommage les membres de la promotion des agronomes 1967-1971, ainsi que tous les vétérinaires, agronomes, techniciens, enseignants et anciens collègues qui ont connu et apprécié Jolivert.

Adieu, cher camarade, collègue et ami !

Je  voudrais terminer cet hommage en revenant à cette phrase qui m’avait annoncé ton décès:« Max, Jolivert est parti ! ». Oui, tu es parti. Mais une vie comme la tienne ne disparaît pas avec le dernier souffle. Tu resteras toujours dans les souvenirs de ceux qui t’ont connu et aimé. Je me  souviendrai toujours de cet ami avec lequel j’ai partagé plus de cinquante années d’histoire.

 Au nom de la promotion des agronomes 1967-1971 et en mon nom personnel, je te remercie pour les années d’amitié, de collaboration et de fraternité que nous avons partagées.

À ta famille, je renouvelle mes condoléances les plus sincères. Que le souvenir de l’homme que tu as été soit pour elle une source de courage dans cette douloureuse épreuve!

Repose en paix, mon cher Jolivert.

Que le Seigneur veuille bien t’accueillir dans ses bras bénis !

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